Ce matin, Petit Poison raconte comment elle a retrouvé un peu sa grand-mère et celle de son mari en retrouvant la saveur exacte d’une de leurs recettes.
Du coup, j’ai pensé à la grand-mère du Chapeauté, qui lui a appris à faire la pâte italienne, et partant, les spaghettis, les raviolis, les lasagnes et le “ragù” … Et qui a tenté, aussi, de lui apprendre à tricoter.
Je n’ai pas de recettes qui me viennent de mes grands-parents.
J’ai appris des hommes de ma famille. Je tiens surtout d’eux, je crois. Je leur ressemble.
Je ne sais pas si ma grand-mère sait coudre. Je ne l’ai jamais vu faire, en tout cas. Ma mère ne le sait pas, et moi non plus.
Et ma grand-mère n’aime pas tellement cuisiner. Ce qui m’a le plus marquée dans sa cuisine, c’est les lavarets passés dans la farine et cuits à la poêle, parce que mon grand-père les avait pêchés. J’allais pêcher avec mon père, aussi, et je sais vider un poisson, l’écailler, le cuisiner, parce que lui m’a montré.
Ma mère cuisine bien, mais nous avons chacune nos domaines de prédilection, et peu de points de rencontre.
Qu’ai-je appris des femmes de ma famille ?
Que voudrais-je apprendre – indépendamment d’elles et d’eux ?
Je voudrais faire un potager et des conserves.
Je voudrais coudre.
Je voudrais savoir démonter une mécanique et repérer ce qui ne fonctionne pas.
Je voudrais savoir bricoler avec du bois, faire des meubles simples.
Je voudrais savoir masser, savoir méditer.
Et vous ? Vous avez appris quoi de vos grands-parents ? Et que voudriez-vous savoir faire encore ?
Mes grands-parents ne sont plus, je n’ai connu qu’un seul de mes grands-pères et dans son rôle de patriarche autoritaire, je n’ai rien appris de lui, à vrai dire… En revanche, ma grand-mère cuisinait et sans le vouloir, m’a transmis le goût de cuisiner, le goût du terroir, à défaut de vraies recettes (elle mettait un peu de ceci, un peu de delà, et un “bon peu” de beurre, je n’ai jamais réussi à traduire ça en terme de grammage…) Elle tricotait super bien, aussi, et je lui ai demandé de m’apprendre quand j’étais petite mais je n’ai jamais réussi à retenir la technique. Il n’y a que 2 ans que je m’y suis enfin mise, bien après que ma mamie soit partie… Je pense qu’elle n’était pas trop pédagogue, ou alors que j’étais trop “scolaire”…
Mais il n’y a pas que la transmission manuelle, il y aussi la transmission intellectuelle, peut-être t’inscris-tu plus dans la lignée féminine familiale sur ce plan?
De ma grand mère maternelle, j’ai le goût de l’allemand, celui du Nutella, de la purée maison.
De mon grand père, l’odeur du fer à souder et un sale caractère.
De ma grand mère paternelle, les pâtes à l’italienne, une omelette avec du lait et de la farine.
De mon grand père paternel, qu’en sais-je? Il est parti si tôt. Peut-être son sourire et, quand je le veux bien, de la chaleur humaine.
De mes parents, c’est un roman
Dis, tu permets que je reprenne ton idée de billet, pour un jour où je serai lunée pour l’écrire?
Je vous embrasse (le Chapeauté sait tricoter?? Fabuleux!!)
Merci pour ce billet ! Un petit pan de l’idée a beau venir de chez moi, je me rends compte qu’il y a certains choses que moi aussi je voudrais apprendre de mes grands-pères,et qu’il faudra bien que je ne le manifeste (avant qu’il ne soit trop tard :$ ) , ça va pas venir tout seul…
Merci, merci.
Septie : je te suis un peu sur ce chemin, j’apprends en m’inspirant d’eux mais pas avec eux, pas directement …
Moi aussi je dis “un bon peu” ! Ca embête bien le Chapeauté pour doser d’ailleurs …
Floh : Bien sûr, prends ! Il est si joli déjà ton commentaire, il ferait presque un billet …
Sinon, j’ai bien cherché du côté non manuel en écrivant ce billet, mais je n’ai rien trouvé de tangible … Ce que je voudrais avoir d’elle, c’est la capacité d’aimer le même homme toujours.
Et le Chapeauté ne sait pas tricoter, il n’a fait qu’une séance avec sa grand-mère !
Petit poison : Merci à toi de l’avoir inspiré, et des bises !
Tiens, rigolo, on en discutait avec ma mère l’autre jour.
La grand mère alsacienne, hm… les filles ne comptaient pas vraiment, et moi, j’étais une intermittente par rapport aux cousins qui habitaient sur place.
Je me souviens des tartes aux pommes, j’avais un petit moule, je faisais ma propre tartelette pour le dessert. Mais je rate toutes mes tartes aux pommes aujourd’hui.
Je pense que si je sais faire la choucroute, et les pommes sautées et la vinaigrette au melfort c’est parce que j’ai regardé mamie faire, mais elle ne m’a pas montré, elle n’a pas prit le temps de me prendre par la main, viens, maidala, on va faire ensemble.
C’est le constat que fait aussi ma mère : elle n’a rien apprit. Du coup, j’ai rien apprit de maman, concernant les “trucs de la maison” non plus
Par contre, mes racines alsaciennes, c’est chez elle que je les trouve. L’accent, les mots, les rituels, les souvenirs familiaux, la maison, le jardin. Je fais le tour de la maison de ma grand mère comme un chien qui renifle l’odeur de son maitre parti, à la recherche de petits morceaux d’enfance.
L’autre grand mère, la couseuse de la ville, ha… elle a essayé, elle a vraiment essayé de m’apprendre à coudre. Mais pareil, je n’étais pas douée. Mon frère sait coudre, lui, à la machine !
Simone m’a transmit des choses plus féminines, plus secrètes, plus spirituelles. Le goût des habits nets, bien coupés. Ce côté “je me fous de la mode, mais, quand même il faut que ça soit chic il faut avoir un style, et une fois qu’on l’a trouvé, s’y conformer”. le conformisme, oui, avec cette pointe de “jamais comme toutes”.
Elle m’a transmit tous ses bijoux.
Je tiens d’elle une certaine paresse, un certain passéisme, une certaine passivité, un certain égoïsme jouisseur, aussi, certainement. ma grand mère paternelle, c’était la grande dame, tu sais, la princesse de la maison, c’est mon papi qui faisait tout : cuisine, ménage, compta. Elle, son boulot, c’était d’être belle et distinguée. Et gentille, tellement gentille. Un amour de petite mamie.
Elle me manque tous les jours.
Merci pour ce long et beau commentaire grande Chu.
C’est drôle, mon grand-père était l’exact opposé de ta mamie (à part pour la gentillesse), et il me manque tous les jours aussi.
Je suis sa petite-fille plus que celle de mes autres grands-parents je crois.
Enfin, soyons sérieux tout de même : c’est quoi le melfort ?
Un vinaigre au miel et aux plantes, qui donne un goût caractéristique à la vinaigrette, du coup. Il y a peu, on en trouvait qu’en Alsace, mais je crois qu’il est exporté maintenant.
Merci ! Ça se trouve j’en fais sans le savoir. #MmeJourdain
Ma grand- mère maternelle m’a appris à aimer lire, les images à regarder d’abord, puis les romans à la lampe de chevet, ainsi que les innombrables allers/retours à la bibliothèque municipale.
Elle est toujours là, mais avec cette fichue maladie qui fait qu’on oublie tout, elle ne peut plus lire un chapitre puisqu’elle ne se souvient plus de l’histoire au bout de quelques pages… Quand j’entends dire qu’on a moins de chance d’être touché lorsqu’on stimule régulièrement le cerveau… Ca me fait doucement rigoler…
Tu voudrais en faire un tas de trucs dis- donc! Moi je suis beaucoup plus feignasse, souvent volontairement…. Je préfère donner mes leggings à recoudre à Mamn, manger chez les copines ou appeler Papa quand il faut bricoler…
Je crois que j’aurais voulu apprendre la patience
Miam le melfort! C’est un vinaigre particulier si je ne me trompe pas, à base de miel, et qu’on trouve en Alsace! Un pur régale
Je prends, je prends…. c’est une idée qui me trotte souvent par la tête, autour de laquelle j’ai déjà écrit.
Pas sur la vie quotidienne cependant.
Mais voir là déjà pour l’inspiration familiale :
http://lyjazz.cheminsinstantanes.fr/tag/Histoire%20familiale
De mes grands parents maternels j’ai appris la douceur et la patience, qu’ils n’avaient pourtant peu transmis à ma mère toute en énergie, je les est vus prendre la vie comme elle vient, simplement… De mon grand père paternel j’ai appris le jardin, le dessin, l’engagement dans la cité, il a été élu dans sa commune toute sa vie d’adulte. De ma grand mère paternelle j’ai appris, en me heurtant, durement et avec toute ma famille, qu’il faut lutter pour être soi, qu’il faut savoir défendre ses idées, ses idéaux, son bonheur… que le catholicisme est une vraie saloperie quand il est mal compris, mal interprété, que le prosélytisme est mauvais!!!! A cause d’elle et en réaction je suis tolérante, très tolérante, je me mets très facilement à la place de mes interlocuteurs et cherche à les comprendre…
Mon papy m’a appris qu’il fallait mâcher tout ce qu’on mangeait, même la soupe. Qu’il ne fallait pas faire peur aux pigeons parce qu’ils ne m’avaient rien fait. Que la blague de la patate sautée marche à tous les coups avec les enfants.
Ma mamie m’a appris beaucoup de choses sur les gens. Pas des gens en particulier. Les gens en général. Pourtant, elle ne connaissait pas grande monde. Elle m’a parlé des façons de faire qui ne sont pas les notres. Elle m’a appris à toujours avoir des klinex dans mon sac. Et à me laver les mains en rentrant à la maison.
Ma nanie m’a appris sans se rendre compte qu’elle m’apprenait. Parce qu’elle s’est contenté d’être. Elle transmet sans s’en rendre compte et sans savoir. Elle m’a appris qu’il ne fallait pas boire d’eau à table et qu’un seul kiri par repas, c’était suffisant. Par contre, qu’il fallait que je mange encore un peu. Puis qu’il y a plein de façon d’aimer aussi.
Mon grand-père, je ne l’ai pas connu mais il m’a tout de même appris qu’avoir un objectif dans sa vie peut être un moteur mais peut aussi te couper totalement les jambes.
Il me reste tout à apprendre. Il n’y en a plus qu’une qui peut faire ça. Et encore, si elle n’oublie pas. Elle oublie tellement de chose.
Des fois, elle oublie qui je suis…
Aurélie : Je me demande de qui j’ai hérité le goût des bibliothèques … Par contre, celui d’être velléitaire et procrastineuse, j’ai quelques pistes !
Lyjazz : J’ai lu avec intérêt. Nous sommes toujours passionnants quand on parle de racines …
Anne : C’est vrai qu’on se construit en imitation et en réaction à la fois. Des grands-parents très catholiques aussi, qui m’ont donné le goût, un peu par réaction, de ne jamais rien préférer aux gens …
Lizly : Comme pour Aurélie, cela m’étreint de lire cela … Mon papi aussi oubliait. J’ai laissé filer … que faire d’autre ?
Très jolis apprentissages, joliment et simplement racontés.
J’ai appris : le goût de la cuisine (la manger, la faire), de la parlotte, des récits, du textes, des livres…
Le sens de la formule, de l’auto dérision, de la moquerie (plus ou moins gentille, selon), des fous rires sans retenue, des mots d’amours plus pudiques…
J’ai appris d’eux le fromage, le chocolat. Le son des notes de musique. La complicité entre générations.
J’ai appris d’eux… la famille.
Ca me parle, Anne … de mes parents. De mes grands-mères … Peut-être le fait d’être une paysanne et une princesse pour un homme. Un truc par rapport au dévouement. Peut-être.
Ma grand-mère savait coudre (à la main seulement), ça lui faisait mal à ses doigts déformés, mais elle disait rien et elle finissait sa couture. C’était jamais très régulier ni très droit, un peu comme sa manière de ranger les choses (je crois que pour ça je tiens d’elle), mais c’était costaud et ça tenait, un peu comme elle.
Elle m’a appris à coudre à la main, et à faire les talo (les VRAIS, sans farine de blé), mon petit déj de certains jours d’hiver.
Mon grand-père savait battre un fer de faux sur l’enclume-triangle, je l’ai vu faire, mais j’ai pas encore essayé (cela dit le matos est toujours là, je testerai peut-être un de ces quatre avec la faux d’un ami néo-rural).
Il savait démonter entièrement une motofaucheuse et la remonter pièce par pièce. Même si je l’avais vu faire, je pense pas que j’arriverais à en faire autant.
Il savait s’occuper de vaches, canards, cochons, poules, avec peu de matériel (comme tout le monde ou presque à l’époque) mais de l’observation. Moi j’ai appris pour les poules (rien de sorcier), et pour les vaches (même si ça me sert pas des masses).
Il savait faire du fromage de vache, il m’a pas montré mais mon père saurait en faire je pense.
N’ayant pas le même mode de vie que lui je me rends compte qu’il y a un paquet de choses transmises (ou qui auraient pu l’être) qui se retrouvent un peu les bras ballants. D’autres sont encore actives.
Il m’a appris à choisir les bonnes branches de saule roux et quand les couper pour en faire des manches (et vu que j’en casse deux ou trois par an en double-bêchant comme un bourrin, ça me sert).
Il m’a appris à faire des pièges à vairons (en ce moment je mange des trucs qui y ressemblent, ça m’a rappelé des souvenirs lointains).
Il m’a appris à faire un potager, même si aujourd’hui il y a plein de trucs que je fais pas trop comme il m’avait montré, mais je pense qu’en voyant le résultat il serait quand-même globalement assez satisfait.
Son plat des grandes occasions, c’était le ttoro, et j’ai sa recette (tiens, prochain coup que vous passez par ici je vous en fais).
Je crois que les choses les plus importantes que nos grands-parents nous transmettent ne sont pas les recettes ou les savoir-faire en eux-mêmes, elles sont dans ce que nous transmet leur présence quand nous les côtoyons, et se résument difficilement en mots, je trouve.
Souvent je me dis que mon grand-père ne m’a pas vraiment appris le verger, mais que si j’ai envie d’apprendre, c’est grâce à lui. Le Chapeauté se dit aussi que son grand-père (qui est mort il y a 20 ans je crois) serait content que son petit-fils reprenne le flambeau. Et un peu inquiet, aussi, sûrement.
Et d’accord avec toi sur ta conclusion (tu le sais), mais j’avais envie d’explorer les savoir-faire.
Pour le ttoro, on fait ça quand ? Je risque de venir seule cette année, le Chapeauté n’a pas de vacances à part Noël.
Oui je pense qu’on est d’accord (comme souvent). Au fond les unes ne sauraient être transmises sans les autres.
Pour le ttoro (et le reste) je t’écris bientôt.
Mes grands parents paternels et maternels ne m’ont rien appris, rien enseigné, ils sont décédés avant ma naissance.
Par contre les parents de l’actuel époux de ma mère, étant mauriciens m’ont transmis une richesse culturelle énorme, et l’aptitude à apprécier tout ce que l’on peut recevoir dans ma vie.
Par contre, manuellement parlant je ne sais rien faire.
A part démonter, remonter un pc, je n’ai aucun sens du bricolage. Chaque activité manuelle est une vraie galère.
Mais bon y a pas d’âge pour apprendre
Merci et bienvenue !
La famille, c’est tellement plus vaste que les liens du sang … Tiens, une idée de billet !
Pareil pour le bricolage. Hier j’ai retricoté le doigt d’un gant qui se prenait pour une mitaine, je suis incroyablement fière de mon coup.
Ma maman en effet ne m’a pas transmis les secrets du chef…(voir le commentaire de ma Chu)
je crois que je n’étais pas très disposée et disponible à apprendre quelque chose de cet ordre là pendant mon enfance et adolescence et puis je suis partie vivre ma propre vie très vite (mais jamais je n’ai eu même la pensée, quand je me suis retrouvée seule devant mes fourneaux, elle aurait pu m’apprendre quand même….). Je n’ai pas connu mes grand-pères, ma grand même maternelle à peine….mon autre grand mère m’a appris les comptines, la nature, les rires pour des rien….C’est mon papa qui m’a appris à aimer la musique, le chant, les promenades et la nature, les vieilles pierres leur histoire et l’Histoire forcément….
Je ne crois pas lui avoir dis assez merci pour tout ça….il me manque tous les jours….
ah et voilà au moment de cliquer sur “poster le commentaire” un flash de souvenir d’enfance avec ma grand mère qui m’apprend à faire du tricotin !!