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Déménagement

Non, ce n’est pas encore pour la maison minuscule, c’est le blog qui déménage (oui, encore, et oui, c’est la dernière fois promis, et oui, j’ai croisé les doigts derrière mon dos) :

http://www.labouseuse.fr/

 

A tout de suite, là-bas !

Message répondeur

Vous êtes bien sur la boîte blogale de la bouseuse. Je suis actuellement absente pour cause de stage et d’intervention-qui-fait-peur devant les étudiants de la fac (étudiants sûrement beaux, intelligents et gentils mais j’ai peur quand même) (oui, j’ai mis ça au cas où ils passent par là) (coucou) (sois gentil hein).

Je ne serai donc pas en mesure de répondre aux commentaires (alors même qu’ils sont ‘achement intéressants) (et vous, vous me faites pas peur, donc c’est sincère) ou d’aller lire vos blogs pendant quelques jours. But I will survive. Et come back. Bisous.

Vous pouvez laisser un message après le bip.

BiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiP (photo de moi)

 

Je considère qu’hommes et femmes sont égaux, et par conséquent, qu’une femme comme un homme devrait avoir un bagage minimum pour être autonome : savoir cuisiner et  réparer la plomberie, changer une couche aussi bien qu’une roue de vélo/voiture, prendre soin de soi et des autres, faire pousser ses légumes, connaître les bases de l’electricité et de la mise en conserves …

(J’ai encore des apprentissages devant moi !)

Je suis très énervée à l’idée qu’on pousse les petits garçons, à l’école et même avant, à être combatifs et durs à la douleur (et donc à ne pas s’écouter, à se couper de leur émotions). Je suis tout autant furieuse de savoir que ces « qualités » leur favoriseront leur « réussite » scolaire et professionnelle dans un monde compétitif, alors qu’on aura enseigné aux petites filles la douceur et la discrétion, qui seront autant de boulets dans le même cadre.

 

En gros, je considère que l’inégalité des sexes fait du mal aux femmes et aux hommes. Certains courants de pensée considèrent qu’hommes et femmes sont potentiellement identiques en tous points sauf certains points physiques (et encore, les différences sont plus ou moins prononcées), et que c’est un façonnage culturel qui nous pousse à penser en terme de féminin/masculin. Je ne sais pas si j’adhère à ces théories, mais à tout prendre je les trouve plus créatrices de liberté que dangereuses : j’ai donc une certaine sympathie pour elles.

Tout cela pour vous dire que je vais assez loin dans ma perspective féministe. Nota bene, féminisme : mouvement politique qui prône l’égalité réelle entre les hommes et les femmes.

Vous comprendrez donc mieux mon propre énervement à avoir vu une jeune femme choisir pour Noël ces cadeaux : pour un petit garçon, une panoplie d’expériences scientifiques ; pour une petite fille, un sac à main avec des papillons roses.

Je lui ai demandé la liste des cadeaux précédents pour les deux enfants : pour la petite fille, un déguisement de fée, un autre de sirène, un livre sur les princesses, un tableau pour jouer à la maîtresse ; pour le petit garçon, un déguisement de cow-boy, un guide des insectes, un livre sur Cyrano de Bergerac, une sortie au planétarium

J’étais stupéfaite.

La jeune femme, c’est moi.

C’est pas gagné …

C’est la première fois que je me rends compte de cette tendance en moi. J’ai donc ramassé ce qui restait de ma dignité, reposé mes jouets, et suis retournée réfléchir dans mon coin. Mon coin où sont passés les copains et copines pour en discuter (y avait du thé et des gâteaux).

Je ne suis pas du tout sûre que ma nièce aimerait un jeu scientifique. C’est elle qui réclame du rose, des princesses et des figurines de bestioles aux yeux de manga. En même temps, si chacun renforce, en toute innocence, en toute inconscience, « pour lui faire plaisir » depuis ces 3 ans (l’âge où elle est entrée à l’école et où la sauvageonne est devenue petite fille) ces aspects de sa personnalité …

Je suis sûre que mon petit beau-frère ne saurait pas quoi faire d’un sac à main (rose). Mais j’aimerais bien lui dire qu’il n’est pas obligé d’aimer les maths, le foot et la bagarre … et de détester jouer à la dînette, ou dessiner des princesses …

Du coup, on a choisi des films de Miyazaki pour le petit gars qui ne les connaît pas, et les albums Mon chat le plus bête du monde et consorts pour la petite fille.

 

 

Du vocabulaire

Ce matin, sur le blog effet « café noisette » d’Anne, celle-ci nous interroge sur ce qu’est l’amour, et je lui réponds que j’ai l’impression d’aimer exactement ceux que j’aime.

L’expression est de Pennac, mais je l’ai tellement fait mienne que je ne pourrais pas jurer ne pas l’avoir inventée moi aussi, et de l’avoir juste retrouvée chez lui.

Les lutins qui habitent dans ma maison sont ceux de mon père. Mes expressions celles de ma contrée natale, ou des livres aimés, ou glanées sur le net, sans même m’en rendre compte.

A quel point nos mots, nos expressions, nos outils pour penser et voir le monde, ce qu’on appelle parfois « notre univers » viennent-ils de nous ?

C’est vertigineux quand on y pense … non ?

PS : un mot certifié 100% La Bouseuse : « Salconque » (Nom fém. ; fam.) désigne un coquillage comestible mais peu savoureux et difficile à ouvrir.

A la formation de planteur d’arbres où il étudie cette année, le Chapeauté passe pour un macho.

(Ceux qui connaissent le Chapeauté se marrent).

Et pourquoi donc ? Parce que dans notre projet de vie, c’est moi qui fait un travail salarié et lui qui reste à la maison pour cultiver notre jardin, porter les enfants en écharpe et assurer qu’on mange des trucs ultra-bons ultra-frais ultra-locaux toute l’année.

Si j’ai bien compris, ses camarades de classes, de jeunes femmes très indépendantes, lui ont reproché d’être un exploiteur, qui se la coule douce aux frais de la princesse qui trime (oui, la princesse, c’est moi)

(Ceux qui me connaissent se marrent).

Je suis persuadée que s’il avait dit : « Moi, je ramène les sous, et mon épouse s’occupera des enfants et du jardin », il ne serait pas davantage considéré comme le féministe qu’il est …

Il me semble que dans cette conversation, le vrai enjeu n’est pas l’égalité entre hommes et femmes, mais l’indépendance au sein du couple.

Le Chapeauté et moi nous considérons comme égaux (mais pas comme identiques, et nous ne croyons pas devoir l’être). Mais nous ne sommes guère indépendants, et notre projet de petite ferme est réellement commun. Mon salaire est un moyen de nourrir ce projet. D’une certaine façon,  et malgré nos emplois séparés, nous travaillons ensemble.

Si l’un de nous quitte le projet, celui-ci n’est plus viable. Et alors ? Il n’aura plus de raison d’être sous cette forme.

La dépendance n’est pas indispensable au couple, mais elle peut être choisie et assumée. Encore faut-il savoir de quelle dépendance on parle : il me paraît plus important de pouvoir penser sans l’autre que d’avoir ou pas le permis de conduire.

Dans cet article sur le revenu garanti, lu avant-hier, il est proposé « plutôt que de rechercher l’autosuffisance, [d’] assumer l’interdépendance. »

L’autosuffisance totale est un mythe. Nous n’avons pas cuisiné les plats qui nous ont nourris pendant des années, nous n’avons pas construit les écoles où nous avons appris (ou désappris), nous n’avons pas écrit les livres que nous avons lus.
Il y a des projets que l’on ne peut faire seul. Il y a le fait qu’on ne peut pas savoir si le couple durera. Est-ce une raison pour ne pas essayer ?